Recettes nature

La pâquerette

Tellement connue qu’on ne la voit plus, la petite marguerite ou fleur de Pâques ; c’est de la pâquerette que je voudrais vous parler. Elle brise la monotonie de nos verts gazons et vient nous rappeler le retour du printemps. Si pour les amateurs de gazon anglais elle devient indésirable, peu importe. Après la tondeuse, à la première pluie, elle pousse encore plus dru. Et puis c’est agréable de rêvasser allongé dans une pelouse parsemée de pâquerettes, de laisser les enfants en faire de mini-bouquets, de l’accrocher à se boutonnière.

Observons la pâquerette de plus près. Les « fleurs » de la pâquerette  sont en fait des capitules composées de nombreuses fleurs ou inflorescences (comme toutes les plantes de la famille des Astéracées comme les camomilles, chardons, pissenlits…). Ce que l’on appelle généralement les « pétales » de la pâquerette sont des fleurs ou fleurons ligulés pour les blancs externes et fleurons tubulés pour les jaunes centraux. Les capitules s’ouvrent la journée et se referment la nuit ou en cas de pluie. Les feuilles sont en forme de spatules, légèrement crénelées et velues. Elles sont disposées en petites rosettes très proches du sol (pour échapper aux tondeuses).

La pâquerette dans l’assiette

Ses fleurs et feuilles sont comestibles et riches en minéraux. Elles serviront à colorer une salade en compagnie de boutons de plantain et de mouron blanc. Je préfère les les boutons floraux qui ont un léger goût de noisette, moins amers que les fleurs ouvertes.

Quant à ses propriétés médicinales, elles sont nombreuses. Les fleurs de pâquerettes sont utilisées depuis des siècles pour leur action anti-inflammatoire, désinfectante et cicatrisante. On sait maintenant que la plante contient des tanins qui resserrent  les tissus et des composés antibactériens semblables à ceux de l’arnica. Parmi ses nombreuses utilisation, une petite recette à  réaliser : le macérat huileux.

La préparation avec fleurs séchées

  1. cueillir les pâquerettes sans la tige
  2. les passer sous l’eau pour les rincer si besoin, bien les égoutter, passer sur un papier absorbant si besoin
  3. les faire sécher à l’air libre en les étalant sur un plateau par exemple
  4. quand elles sont bien sèches, remplir un pot désinfecté (ou stérilisé) aux 2/3 ou 3/4
  5. compléter avec de l’huile en couvrant bien les fleurs
  6. fermer le pot, mais pas de façon hermétique, pour que l’huile puisse « respirer » et laisser sortir le peut d’humidité restante
  7. laisser macérer à la lumière, pas au soleil  (ou au soleil mais dans un sac ne laissant pas passer la lumière directe) et remuer de temps en temps doucement le pot. On conseille 7 semaines de macération
  8. transvaser le macérat en le filtrant (à l’aide d’un chinois par exemple) dans un pot ou un flacon de son choix en pressant les fleurs pour récupérer un maximum de macérat
  9. étiqueter (composition, date) et stocker à l’abri de la lumière

Il est conseillé d’ajouter de la vitamine E pour éviter l’oxydation. Le dosage  préconisé est de 0.02 à 0.2 %. A faire de préférence lors de la préparation

Cette recette appliquée sur la peau a des effets apaisants, nourrissants, circulatoires et tenseurs. Ce n’est pas pour rien si en latin on l’appelle « Bellis perennis », belle toujours, mais chut ! Les laboratoires cosmétiques pourraient nous voler la recette…

Quant à moi, je vais continuer ma sieste au ras des pâquerettes, mais la tête dans les fleurs…